Créée en 1976 , la province de Granma, au sud-est de l’île et à l’ouest de Santiago de Cuba, sur la mer des Caraïbes recèle à la fois une beauté époustouflante et un passé déterminant pour l’histoire de Cuba. D’une part, le relief impressionnant de la Sierra Maestra et d’autre part de superbes terrasses marines côtières parmi les mieux préservées des Amériques.
On y trouve aussi la rivière la plus longue de l’île, el Rio Cauto.
Sa capitale, Bayamo (la 2è ville de l’île fondée en 1513 par Diego Velasquez de Cuellar), digne d’intérêt et terre natale d’un des héros nationaux, Carlos Manuel de Céspedes, ne doit pas éclipser pour autant quelques villages au charme traditionnel tels que Niquero, Media Luna et Pilon ou encore Marea del Portillo (point de départ idéal pour les excursions).
Et au coeur de cette région, se trouvent deux joyaux : le Parc National du Débarquement du Granma (PNDG), à la biodiversité très riche et où s’est scellé le destin de Cuba avec Fidel en tête (en 1956) et le Grand Parc National de la Sierra Maestra où se situe le Pic Turquino (1974m).

Le Parc National du Débarquement du Granma, inscrit au Patrimoine de l’Unesco depuis 1999, est connu pour ses terrasses calcaires s’élevant entre 180m au dessous du niveau de la mer et 360m au dessus, notamment celles de Cabo Cruz à l’extrémité occidentale des montagnes de la Sierra Maestra.
A cet endroit, on aperçoit le phare Vargas, d’une trentaine de mètres. Cela représente plus de 32000 hectares dont une partie immergée, sur une zone tectonique active entre les plaques caribéenne et d’Amérique du Nord. Là, se trouvent aussi les très belles chutes de Las Yaguas…
Par ailleurs, plus de 500 espèces de plantes ont été répertoriées à ce jour, dont 60% sont endémiques et une douzaine inédite sur le PNDG. La faune aussi est dense et endémique, notamment la réserve d’oiseaux « El Yare Villa », les reptiles et amphibiens.

Et parallèlement à une mangrove abondante, on note des formations de corail sur les zones maritimes.

Afin d’organiser la découverte du PNDG, trois sentiers ont été identifié ainsi que la route de la révolution.
-Le sentier arquéologique naturel « El Guafe » avec ses nombreuses cavernes qui laissent appréhender la culture pré-colombienne (pétroglyphes, pictogrammes et artéfacs) notamment « El Idolo del Agua » sculpté par des indigènes sur des stalagmites.
-Le sentier spéleoarchéologique Morlotte-Fustete qui comprend une partie des terrasses marines, la doline de Hoyo de Morlotte (77m de profondeur et 55m de diamètre) et la Grotte del Fustete (plus de 5km de galerie).
-Le sentier spéléo naturel « El Samuel », plus à l’ouest de Morlotte d’où l’on a les plus splendides vues sur les terrasses et où se mêle à la nature des influences mystico-religieuses autour de la grotte Samuel (1500m de long).

Quant à la Route de la Révolution, elle se situe sur les lieux de l’épopée héroïque du débarquement du Granma, le yacht parti du Mexique avec son corps expéditionnaire de 82 hommes dirigé par Fidel Castro (cet épisode précédant au triomphe de la Révolution cubaine le 1er janvier 1959).
C’est un parcours de 24km jusqu’au lieu du combat « Alegria de Pio », baptême du feu des rebelles.
Le Grand Parc National de la Sierra Maestra ou Parc Turquino abrite quant à lui, la plus grande chaîne de montagnes de Cuba.
Il est possible d’y faire de nombreuses randonnées, la plus élévée étant celle qui mène au Pic Turquino à 1974m d’altitude.
Historiquement, ce parc a servi de base aux guerilleros et à Fidel Castro. On y retrouve d’ailleurs l’ancien quartier général ‘La Comandancia de la Plata » à 3km d’Alto de Naranjo (dans les hauteurs d la Sierra Maestra), un hôpital de campagne, le site de « Radio Rebelde » (radio clandestine des révolutionnaires) et l’ancienne résidence de Castro.

L’ascension du pic est réservée aux marcheurs entraînés mais la piste qui y mène a de quoi vous réjouir avec ses roches volcaniques, conifères, cèdres, acajous, orchidées sauvages et fougères, tapis de mousse… Et le final au sommet est magnifique par temps clair avec une vue imprenable sur la mer des Caraïbes !

Enfin, vous pourrez enrichir votre vocabulaire d’espèces endémiques… Retenez notamment le sabicu (arbre caribéen qui sert à construire des bateaux) et pour les oiseaux, le todier et le trogon de Cuba ainsi que le colibri d’Elena.

Sans aucun doute, deux superbes destinations nature !…